Chapitre 1 — PREMIÈRE PARTIE
I
MA GRAND’TANTE. – MA COUSINE VIVETTE. – MON ONCLE LE BIHAN
Je suis né le 21 mars 1751, au manoir de Pendor, dans la paroisse de Guidel, en Bretagne. Mon père était de bonne maison et ma mère demoiselle. J’étais tout petit quand je les perdis.
J’avais quatre ans quand notre joli manoir de Pendor fut vendu. Le bois de grands vieux hêtres qui ombrage la route de Lorient à Quimperlé m’a bien souvent fait peine à regarder, du temps que j’allais à l’école du presbytère ; mes camarades me disaient :
— C’était à toi autrefois, Keramour, tous les nids et toutes les noisettes qui sont là dedans.
Et moi je répondais, car l’orgueil est de tous les âges :
— Nous avions aussi le grand château de Keramour, avec ses quatre étangs et sa forêt, qui a trois lieues de large ; et nous avions bien d’autres choses encore, que je rachèterai quand j’aurai fait fortune.
J’ajoute tout de suite que ce beau château de Keramour avait abandonné ma famille depuis bien longtemps. Lors de ma naissance, il appartenait déjà au vieux Merlin, qui n’était pas l’enchanteur de ce nom.
Voici comment la noble demeure de mes ancêtres était tombée aux pattes de ce vilain :
À la fin du dernier règne, la branche aînée de Keramour n’était représentée que par une quenouille : demoiselle Armelle-Ermengarde-Guillemette Riban de Loc-Talahoutrec, dame de Faoux, de Tregueheneuc et Keramour-en-Béhaigne.
On sait que chez nous, dans l’évêché de Vannes, la coutume de Bretagne, au contraire de la loi française, permet aux femmes de succéder à tous biens, même aux fiefs de lance. Et nous passons pour moins galants que les Français !
Demoiselle Armelle tenait donc légitimement le patrimoine entier de la famille, que son économie arrondissait d’année en année ; et mon grand-père, qui était alors un jeune homme, voyait la chose sans déplaisir, car il était l’héritier unique de la bonne fille. Elle allait sur les quarante-neuf ans, et ne voyait personne que son chapelain. Elle était d’ailleurs un peu bossue, très boiteuse, et borgne d’un œil et demi.
Vous allez voir que ce n’était pas assez.
Dans la maison de Keramour, nous avons tous, les messieurs et les dames, un tempérament porté vers la sensibilité. Demoiselle Armelle avait été jusqu’alors une farouche exception à la règle générale. Dans sa jeunesse, vingt partis s’étaient présentés, malgré sa bosse et ses imperfections physiques : elle les avait tous refusés ; mais le jour de sa cinquantième année, ayant offert un petit régal à son chapelain, elle eut dans la nuit un chagrin digestif, qui nécessita l’appel d’un médecin.
Le médecin se trouvait être un jeune homme blond, doux de visage et obligeant de manières. Non seulement il fit à ma grand’tante l’ordonnance voulue en pareil cas, mais il poussa le dévouement jusqu’à l’exécuter lui-même. Il avait nom le docteur Merlin.
Cupidon n’a pas l’habitude de choisir pour cachette l’instrument vulgaire auquel je risque ici une timide allusion ; mais une fois n’est pas coutume. Cette nuit, le petit dieu s’y était embusqué par hasard : car demoiselle Armelle fut piquée au cœur, et six semaines après elle s’appelait Mme Merlin.
Une fille naquit de cette union disproportionnée, chétive créature dont la naissance coûta la vie à ma tante Armelle. Voilà donc mon grand-père évincé, et ce Diafoirus, le docteur Merlin, maître du domaine de Keramour.
Mon grand-père ne perdit pas cependant toute espérance. La petite était mal venue et n’avait que le souffle. Pendant vingt-cinq ans, chaque semaine, elle manqua, pour le moins trois fois, de trépasser. Mon grand-père envoyait, de deux jours l’un, savoir de ses nouvelles fidèlement.
La dernière fois qu’il envoya, la pauvre fille était morte, à vingt-cinq ans et douze heures. Elle avait eu le droit et le temps de tester en faveur de son père, aux termes de cette même coutume de Bretagne, recueil de graves sornettes qui semble avoir été compilé pour marier les demoiselles hors d’âge et dépouiller les beaux garçons.
Aussi n’y a-t-il point dans l’univers entier un pays où les vieilles demoiselles soient plus épousées et, par conséquent, plus battues. Chaque demi-lieue carrée nourrit au moins un Breton qui pourrait dire « maman » quand il parle à sa femme.
On se demandera peut-être quel est le sort des jeunes et jolies filles dans une pareille contrée. C’est bien simple. Les jeunes filles épousent les veufs des vieilles femmes, quand ceux-ci ont perdu leurs dents et blanchi leurs cheveux à tuer « maman ». C’est alors une autre diablerie, et « maman » est vengée.
Mon oncle et tuteur, M. Le Bihan de Polduc, m’avait raconté, plutôt cent fois qu’une, cette lamentable histoire de tante Armelle et de son mariage. Vous pensez que je n’aimais pas beaucoup le docteur Merlin, qui vivait encore parce qu’il avait eu l’esprit de rester veuf.
C’était un vilain vieillard, bien conservé, sec et vert, qui tenait le haut bout à la grand’messe. Il avait savonné sa roture au sceau du roi et se faisait appeler M. de Tregueheneuc, du nom d’une de nos anciennes tenances. Les gentilshommes du voisinage piquaient l’assiette chez lui, tout en lui tirant la langue par derrière. Depuis quarante ans que tante Armelle était morte, il avait arrondi le domaine, achetant tout ce qui était à vendre ; tout, même notre joli manoir de Pendor. Il était riche comme le marquis de Carabas.
À dix lieues à la ronde, mon oncle Le Bihan était le seul qui eût son franc-parler avec lui.
Voilà un vrai Breton, mon oncle Le Bihan ! court, trapu large, solide sur ses jambes noueuses, rouge de figure, la barbe rude comme une étrille, buvant dur, mangeant fort, ne se séparant pas plus de sa pique que de son nez, grand chasseur, brave pêcheur, et parlant dans l’oreille des gens avec une voix qui éclatait comme le tonnerre. Quand il contait une gaudriole après souper, Vivette se glissait dehors, et les verres grinçaient, ainsi que les vitres.
Vivette – Mlle Viviane – entamait ses seize ans quand j’atteignis ma vingt et unième année. Elle était brune, avec des clairs de couleur fauve dans la miraculeuse abondance de ses cheveux toujours en révolte contre le ruban rouge qui les nouait à la diable. Jamais je ne lui ai vu ni ombrelle ni chapeau quand elle courait les champs dans le soleil ; mais le soleil ne pouvait rien contre le satin doré de sa joue. Son sourire éclairait comme un rayon quand il montrait ses dents de neige. Sa voix chantait mieux que le rire des fauvettes. Elle était jolie, mais jolie ! Et je me souviens que mon cœur me faisait mal quand par hasard (cela n’arrivait pas souvent) la rêverie jetait un voile sur les joyeux diamants de sa prunelle.
Au moral, elle était brave, franche et bonne. Son éducation n’avait pas été négligée : elle savait épeler « dans le gros » et pétrir des biscuits comme le pâtissier n’en pouvait point faire.
Elle parlait trois langues : le français assez bien, le bas breton joliment, et le gallo comme un ange.
Le gallo est le patois des paysans de l’autre côté de Lorient ; il est favorable à la poésie, exemple :
Si j’aviomme un p’tit coutiau,
J’te couperiomme au chantiau,
Ma mignonnaille, un’ beurrée ;
Si j’seriom’ le p’ti ouaisiau
Qui gosille ès bout d’la prée,
J’voleriomme à la vêprée
Becquer ton mignon musiau.
Nous nous aimions, Vivette et moi, longtemps ayant de le savoir. Nous le savions depuis que mon oncle Le Bihan nous l’avait dit, en ajoutant de sa voix qu’on entendait jusqu’à Hennebont :
— Eh bien ! calotte à papa ! Keramour, si tu la prends avec ma bénédiction pour dot, je te les flanquerai toutes deux, mon bonhomme !
Ce fut marché conclu. À partir de ce jour-là, nous allions et nous venions ensemble, Vivette et moi ; libres comme l’air ; un vrai petit mari avec sa petite femme.
C’était un bien brave homme que mon oncle. Il s’habillait un peu comme les paysans ; mais il clouait des éperons à ses sabots quand il allait en campagne, et il portait l’épée par-dessus sa veste de futaine. Ce qu’il se mettait de cidre dans le corps passerait croyance. Le vieux Merlin, qui n’était pas bon, disait qu’il avait sous chaque talon un pertuis par où le cidre s’en allait.
Mon oncle était un fin dégustateur, et reconnaissait les diverses provenances du jus de pommes, comme un gourmet de Guyenne sait distinguer les crus du bordeaux.
Joson, le « toucheur » de bœufs, qui faisait le lit de mon oncle dès qu’il avait fini de faire l’étable, lui apportait à son réveil une écuelle de cidre, ou mieux une soupière jaugeant quatre pintes. Le bonhomme ne faisait son signe de croix qu’après l’avoir mise à sec.
Outre Joson, nous avions cinq autres serviteurs et six servantes : les douze coûtaient par an vingt-quatre écus de six livres et vingt-quatre paires de sabots.
Je vais vous dire tout de suite pourquoi mon oncle Le Bihan dépensait tant d’argent à tenir ce grand état de maison. Il était de race royale, tout uniment. Le Bihan est Polduc, comme il l’expliquait lui-même ; Polduc est Rohan, et Rohan est Bretagne.
Aussi avait-il un canton d’hermines dans son écusson d’argent, portant trois goretons de sable, avec cette devise : « Bihan ! bihan ! bihan ! »
Pour les malheureux qui ne savent pas parler le bas breton, j’expliquerai que bihan veut dire petit, et que ce cri : Petit, petit, petit ! sert de cloche pour appeler chez nous les goretons ou petits pourceaux au réfectoire.
À tous les repas, mon oncle et tuteur prenait la peine de réciter en latin ce qu’il savait du bénédicité et des grâces, ajoutant chaque fois invariablement :
— Je remplace aujourd’hui M. l’abbé, mon chapelain qui se trouve être par hasard en vacances.
Je ne sais à quelle époque M. l’abbé était parti pour ses vacances, mais on ne les vit jamais finir.
En outre de ce refrain, il y avait une autre cérémonie également périodique et encore plus importante. Deux fois par jour, après le déjeuner et après le dîner, mon oncle Le Bihan se levait et tirait son épée en disant :
— Au nom de mon seigneur Dieu et du droit des gens, je proteste. La duchesse Anne était une coquine, les Français sont des saligauds. Moi, Corentin-Yvon-Judic-Marie Le Bihan de Polduc-Rohan-Bretagne, j’interromps la prescription pour m’asseoir, moi ou mes héritiers, quand l’opportunité y sera, sur le trône de mes ancêtres ! Qu’on se le dise à Quimper et à Paris ! Amen !
Vivette et moi, nous n’avions jamais la permission de nous envoler avant l’accomplissement de cette revendication solennelle.
Par une belle matinée de printemps, le quatorzième jour du mois de mai, en l’an 1772, M. Le Bihan, qui remplaçait la cloche aussi volontiers que le chapelain, cria par la fenêtre de sa chambre :
— À la soupe, enfants ! à la soupe !
Vivette et moi nous arrivâmes. Dans la cuisine, servant aussi de la salle à manger, quoique la vache y eût sa litière dans un petit coin (et c’était de beaucoup le mieux tenu), mon oncle et M. Merlin, sire de Tregueheneuc, étaient attablés déjà. M. Merlin pouvait avoir alors soixante-quinze ans bien sonnés. Il s’habillait avec une certaine recherche. Ses vêtements de couleurs tendres faisaient ressortir les rides parcheminées de son vieux visage. Vivette, qui le détestait, se moquait à la journée de ses quatre montres, qu’il portait deux dans chaque gousset.
Il y avait sur la nappe, dans une terrine de faïence brune, un cochon de lait rôti, que les deux convives attaquaient avec une égale énergie. Tous deux poursuivaient une conversation commencée, et nous pûmes bien voir, Vivette et moi, qu’il s’agissait d’une pièce de bétail que M. Merlin voulait acheter et que mon oncle répugnait à vendre.
Je crus que c’était la génisse de l’année, au premier abord ; Vivette penchait pour la pouline, qu’on n’avait pas encore ferrée.
Petite jument ou petite vache, l’objet du marché avait son prix, car on se débattait ferme.
— Voisin Merlin, disait M. Le Bihan, dont le langage ne péchait jamais par un excès de vaine délicatesse, je ne voudrais pas vous mécontenter un jour où vous mangez ma viande ; mais quand on lave ses mains, c’est qu’on ne les a pas propres ; et, ma foi ! le sceau du roi n’est bon que pour lessiver une vilenie. Est-ce vrai, Joson ?
— Tout de même, répondit le valet de chambre des bœufs, je ne mens point : sauf le respect qu’on lui doit, M. Merlin est sorti de la racaille.
— Comme quoi ! reprit mon oncle, videz donc votre écuelle, voisin, calotte à papa ! Je dis ça au lieu de jurer, parce que, quand il avait soif, papa tirait sa calotte de cuir et buvait dedans. J’en ai fait autant plus d’une fois dans mes sabots. À la guerre comme à la guerre, pas vrai ? Tout est bon pour boire, excepté les tasses d’or quand on y met de l’eau. Et ne vous vantez pas de vos rentes, voisin ! Votre défunte femme, la bossue, était plus coquine encore que Mme Anne de Bretagne, qui m’a volé ma couronne. Je descends du roi Grallon, chien d’Anglais ! Je dis ça au lieu de jurer, à cause d’un goddam qui m’acheta mon chien galeux, que je voulais noyer. Tant mieux s’il a gagné la gale ! Les Anglais ne valent pas mieux que les Normands. Contez l’histoire du vieux Legall, voisin : elle est drôle, et je veux l’apprendre pour la redire.
— Voyons ! voyons ! fit M. Merlin, qui dévorait consciencieusement, je mettrai un jambon dans le marché et quatre poules de plus : des grasses.
— Je veux d’abord l’histoire, toutes les nièces sont rousses ! Je dis ça au lieu de jurer, à cause du recteur de Kerantrech, qui avait sept nièces, dont la moins roussaude aurait allumé le soleil ponant. L’histoire !
— Et nous finirons le marché après ?
— Peut-être, si vous êtes raisonnable. La petite bêtaille vaut son prix.
M. Merlin conta l’histoire du vieux Legall, qui est devenue une légende, mais qui était alors une nouveauté. Elle datait du dernier dimanche, et l’on n’avait pas encore retrouvé le corps du pendu.
Le vieux Legall était chantre de la paroisse de Guidel ; il avait le même culte que mon oncle à l’endroit du cidre, mais il ne le portait pas si bien, et souvent il chantait les vêpres étant, comme on dit là-bas, « chaud-de-boire ».
Or, M. le recteur (curé) de Guidel avait un neveu qui poussait pour être d’église et qui savait un bout de latin. Il louchait des deux yeux, le méchant singe, et le vieux Legall avait eu le malheur de l’appeler une fois Grippe-Soleil. Le neveu dit : « Je te revaudrai ça. »
Le nom de Grippe-Soleil le coiffait si bien qu’il lui resta.
Voilà donc que, le dernier dimanche de mai, il y avait grandes vêpres à la paroisse de Guidel. Outre le recteur et ses deux vicaires, on voyait aux stalles une chape de Ploemeur et un camail de Lorient. Legall, qui avait son plein de bon cidre, se surpassait lui-même et dégoisait les psaumes comme un loriot. Les cinq messieurs prêtres le suivaient cahin-caha.
Un peu avant le Magnificat, le neveu Grippe-Soleil tira Legall par la manche et lui dit :
— Attention ! n’oublie pas le nouveau verset, bonhomme !
— Quel verset ?
— Celui que Mgr l’évêque de Vannes, ce matin, a fait tout exprès pour nos messieurs prêtres de Guidel. Tiens le voici ; regarde : on y parle du presbytère.
Et le vilain singe lui passa un carré de parchemin enluminé aux armes de monseigneur l’évêque.
— Et où met-on ce verset-là ? demanda le chantre sans défiance.
— En tête. Marche ! Voilà le serpent qui commence.
Le bonhomme Legall, heureux de faire honneur à ses patrons, couvrit le serpent de sa plus belle voix et chanta en tonnerre :
« Quinque sunt presbyteri Gudellis – qui nesciunt intonare – tonum quintum. »
M. le recteur se leva tout debout dans sa stalle ; les deux vicaires, la chape et le camail l’imitèrent. Le vieux Legall, fier d’un tel résultat, leur envoya un sourire modeste et remercia tout bas Grippe-Soleil.
Vêpres finies, le bonhomme n’eût rien de plus pressé que d’aller à la sacristie recevoir son dû de compliments.
— Maraud ! lui dirent en chœur les cinq messieurs prêtres, nous savons notre plain-chant mieux que toi.
Et M. le recteur ajouta :
— Je te chasse.
— Qu’ai-je donc fait ? qu’ai-je donc fait ? s’écria le malheureux Legall.
— Tu nous as chanté en latin, misérable, sacrilège et blasphémateur : « Ils sont cinq messieurs prêtres à Guidel, et pas un ne sait entonner le cinquième ton ! »
— Alors, dit le bonhomme, je suis déshonoré : je vais aller me pendre.
Il avait gagné, tout courant, la forêt de Keramour, et personne ne l’avait vu depuis lors, pas même le malin singe de neveu, qui furetait partout dans la futaie pour avoir un brin de la corde.
— Calotte à papa ! s’écria mon oncle quand l’histoire fut finie, elle est drôle, elle est drôle !… Quinque sunt… Vous m’apprendrez le verset… Nous disons donc que vous donnez pour la petite bêtaille cinq cents écus, la paire de jeunes bœufs, le clos Huant, les douze jambons, les sept sommes de blé noir et les quatorze poulettes.
— Oui, répondit M. Merlin la bouche pleine ; acceptez-vous ?
Vivette et moi nous nous regardions avec de grands yeux.
En voilà une petite bêtaille qui était chère !
— Mettez cinq fûts de fort cidre par-dessus le marché, dit mon oncle, et l’affaire est faite.
— Cinq fûts !
— Non, six… voyons, sept !
— Tope ! repartit M. Merlin avec précipitation, car il voyait venir le huitième.
— Tope ! répéta mon oncle. Le Païen qui s’en dédit !
Ils continuèrent de manger paisiblement.
Après le dîner, M. Merlin s’en alla.
— Vivette, dit mon oncle, va voir dans ta chambre, si j’y suis.
Et quand nous fûmes seuls tous deux, mon oncle reprit :
— Toi, tu as envie de savoir, pas vrai ? Eh bien ! je ne veux pas te faire languir : la petite bêtaille du marché, c’est Vivette. Je viens de faire sa fortune et son bonheur.