Chapitre 2 — CHAPITRE II
… Qu’on nomme Montsalvat.
Et là s’élève un temple sur la roche.
Rien n’est au monde égal à son éclat.
Après ce déjeuner, qui avait été charmant et dépourvu de toute contrainte, j’avais tenu à remettre en marche le disque du Récit du Graal. J’étais sur le point de récidiver, lorsque Mlle de Pérella m’en avait empêché, avec une certaine brusquerie.
« Montsalvat ? avait-elle dit. À l’aide du registre de la Faculté, vous m’avez avoué que vous aviez appris l’endroit où j’étais née, Montsalvy, un chef-lieu de canton de huit cents habitants, qui domine la vallée de la Truyère, au-dessus d’Entraygues, à une quarantaine de kilomètres d’Aurillac. Montsalvy ! Montsalvat ! Vous n’avez pas été sans établir un rapport entre ces deux noms ?
— Comment le nierais-je, puisque j’ai tenu à vous accueillir chez nous aux sons du disque que voilà ? »
Et j’ajoutai, mentant légèrement :
« Sans y attacher autrement d’importance, d’ailleurs !
— En quoi vous n’avez pas eu tort ! reprit-elle, de sa curieuse voix saccadée. Si vous saviez comme moi-même je m’efforce de ne plus songer à toutes ces antiques histoires ! J’en ai eu ma jeunesse quasiment empoisonnée. J’ai conçu une sorte d’horreur envers tous ceux qui croyaient me faire leur cour en mettant la conversation là-dessus.
— Je sens alors que je vais avoir à vous offrir des excuses. »
Elle rit.
« Des excuses ? De votre part, il ne saurait en être question. N’oublions pas que, l’autre jour, dans le compartiment où vous prétendiez m’interdire de fumer, vous n’étiez pas seul à lire le livre d’Otto Rahn.
— C’était exactement ce que j’allais me permettre de vous rappeler. »
Elle rit de nouveau.
« Vous avez dû constater, en tout cas, le peu d’enthousiasme que j’apportais à cette lecture. Ce n’était point ma faute si l’on m’avait mis ce bouquin entre les mains, l’autre matin, quand j’ai quitté mes cousines de Quéribus.
— Quéribus ? Le château est toujours habité ?
— Non, grâce au Ciel ! Pas plus que celui de Peyrepertuse, ni de Puylaurens, anciennes forteresses albigeoises, eux aussi. Après la défaite de leurs aïeux, toutes ces familles, ou, du moins, ce qu’il en restait, s’en sont venues habiter en bas, dans la plaine, de braves demeures bourgeoises, où il y a aujourd’hui machines à laver et Frigidaire, et où l’impôt sur les portes et fenêtres est réduit au strict minimum. Malgré tous mes efforts pour m’évader de ces vieilleries, si vous pouviez savoir cependant comme elles me poursuivent, combien de fois le désir m’a prise de fuir en Amérique, aux États-Unis, par exemple, où là, au moins, on est à peu près sûr de ne pas rencontrer de châteaux hantés ! »
Et, s’étant tournée vers ma femme, qui ne perdait pas un mot de toute cette conversation.
« Ne m’en veuillez pas, chère madame – je dis madame en attendant le jour qui ne tardera pas, je le sens, où je pourrai vous appeler Laurence, tout simplement – ne m’en veuillez donc pas s’il peut m’arriver de vous donner parfois l’impression que je vis dans un monde de fantômes. Il me semblait, quand j’étais fillette, qu’ils descendaient tout exprès la nuit des portraits et des tapisseries, pour danser en rond autour de moi.
— J’espère que ce déjeuner vous aura procuré un peu de répit ! » dit ma femme, lui tendant la main.
Notre invitée s’empara de cette main, et, avec élan, elle la baisa.
« Mademoiselle !… murmura Laurence, dont le visage s’empourpra soudain.
— Oh ! fit l’autre, haussant les épaules. Pourquoi attendre davantage. Mon petit nom est Alcyone. À quoi bon ne pas m’appeler ainsi, dès à présent ? »
Il y eut un assez long silence, que je rompis.
« Alcyone ! répétai-je, comme si c’était à moi que venait d’être donnée cette autorisation. Pouvez-vous me dire d’où vous vient ce prénom, mademoiselle ? À l’inverse des deux autres, Géralde et Marquésia, il ne me paraît point avoir une provenance cathare. »
Par jeu, elle fronça le sourcil.
« Oh ! fit-elle, monsieur le professeur, on voit que vous possédez à fond la science de la manipulation des registres. Ce n’est pas seulement mon adresse et mon lieu de naissance que ceux que vous avez consultés vous ont appris.
— Vous lui en voulez ? dit Laurence, qui n’intervenait que rarement, et toujours à bon escient. Ce serait plutôt moi qui en aurais le droit. Apprenez en effet que, depuis qu’il les a connus, il n’a plus guère cessé de m’entretenir de vos trois prénoms.
— Nous en discutions encore tout à l’heure, quand vous êtes arrivée ! appuyai-je. Pourquoi donc nous arrêterions-nous, maintenant que vous êtes là pour répondre à nos questions ?
— Allez ! dit-elle avec un sourire résigné. J’attends ! »
« Marquésia, commençai-je, votre second prénom, c’était bien celui de la belle-mère de votre aïeul, Ramon de Pérella, brûlée le lendemain de la chute de Montségur, le 16 mars 1244, en même temps que sa fille Corba de Pérella, et que sa petite-fille, Esclarmonde ? »
Alcyone inclina la tête.
« Oui ! dit-elle. Effectivement !
— Géralde, votre troisième prénom, c’était celui de la comtesse de Lavaur, elle aussi cathare forcenée, suppliciée une trentaine d’années auparavant, et alliée sans doute à la famille de Pérella ?
— Effectivement !
— Reste Alcyone, votre premier prénom, le vrai ! Oserais-je vous demander si vous en soupçonnez l’origine ?
— Écoutez ! fit-elle. Je vais bien vous étonner si je vous confesse que je n’en ai guère une idée. Mon père lui-même ne m’a point fourni là-dessus d’explications très convaincantes. Que je vous apprenne qu’il a appartenu à la carrière diplomatique. Il l’a quittée pour épouser une demoiselle de Lantar, famille alliée elle aussi aux Pérella, à qui appartenait, de toute éternité, le domaine de Montsalvy. »
Ce fut à moi d’approuver de la tête.
« Ce n’était point la première union entre deux familles. Marquésia, en effet, à qui nous venons de faire allusion, était elle aussi une demoiselle de Lantar. »
Alcyone me regarda avec une admiration qui n’était pas feinte.
« Vous m’émerveillez de connaître tous ces détails ! fit-elle. Cela a beau être, comme on dit vulgairement, votre métier, vous avez le droit, comme on dit aussi, d’affirmer que vous ne volez pas votre argent. »
Je souris à ce compliment, qui n’était pas tout à fait mérité. Je n’avais pas besoin, n’est-ce pas, de révéler que la semaine précédente ma science n’était peut-être pas aussi complète, et que certaines recherches effectuées dans les archives de l’Université m’avaient aidé à la parfaire.
« J’en reviens à mon père, dit-elle après une pause. Son dernier poste, comme secrétaire d’ambassade, fut Constantinople. Petite fille, bien souvent il a évoqué pour moi le Bosphore, les eaux douces d’Asie, la tour de Léandre, cette mer violette sur laquelle allaient et venaient au crépuscule des volées d’oiseaux taciturnes…
— Des alcyons, précisément !
— Oui, dit Alcyone. Cela aussi, vous le savez ! Mon père a toujours été un peu poète. C’est pour cela que je l’ai toujours beaucoup aimé.
— Un autre poète, fis-je, qui a chanté Constantinople, les a, lui aussi, célébrés, ces oiseaux-là :
Pleurez, doux alcyons, à vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !
Vous savez quelle est leur origine ? Elle doit tout de même vous intéresser. Une jeune femme, qui était la fille d’Éole, s’appelait Alcyone. Ayant encouru la colère de Junon, elle fut transformée en oiseau. Son nid, tressé au bord des flots, était sans cesse détruit par la tempête. Pris de pitié, Jupiter décida de mettre un frein à celle-ci et cela quinze jours par an, une semaine avant, une semaine après le solstice d’hiver.
— Le solstice d’hiver, répéta-t-elle, dressant la tête. Figurez-vous qu’il en est également question dans une lettre de mon père, la dernière qu’il m’ait adressée… Une lettre que j’aurai peut-être quelque jour l’occasion de vous faire connaître. »
Elle ajouta :
« Je vous prie de le constater ! Plus je m’efforce de rompre avec tout ce passé, plus il s’impose à moi. »
Et, s’étant retournée vers Laurence :
« Ne voilà-t-il pas, conclut-elle que c’est votre mari qui se fait aujourd’hui son complice !
— Une hypothèse ! repris-je, ne m’arrêtant pas dans la poursuite de mes avantages. Admettons que le Graal existe toujours…
— Encore le Graal !
— Qu’il existe, et qu’il soit caché à Montsalvy, comme ce devait être sans doute la conviction de votre père. Eh bien, il est deux vers du poème wagnérien qui deviennent intelligibles, prennent un sens immédiatement. »
Et, m’étant levé, je remis en marche le disque.
« Écoutez bien !
Une colombe en traversant l’espace
Vient tous les ans lui rendre sa splendeur.
C’est le Saint-Graal…
— Et alors ? fit-elle. Qu’en déduisez-vous ?
— Chez Apollodore, chez Hygen, alcyone et colombe, les deux termes sont fréquemment employés l’un pour l’autre. Pourquoi dès lors, ne pas identifier l’alcyone que vous êtes et la colombe qui vient chaque année rendre au Graal son divin éclat ? »
Elle me considéra rêveusement.
« Une chose est certaine, finit-elle par dire, c’est que mon père, quand il est mort, m’a fait jurer de ne pas laisser passer une seule année sans revenir à Montsalvy. Il n’y aura eu que celle-ci où, jusqu’à ce jour tout au moins, les événements m’ont empêchée…
— Nous ne sommes qu’au 14 novembre. Vous avez encore un mois et demi. Il ne faut pas que les événements dont vous parlez vous empêchent de tenir votre engagement. »
*
Je n’oublierai jamais, et pourtant je n’en ai encore rien dit, comment elle était vêtue ce jour-là, moi qui n’avais jusqu’alors attaché que si peu d’importance à ce genre de choses. Elle avait un tailleur noir, très strict, très sobre, qui découpait de façon austère sa souple silhouette, un tailleur rehaussé d’une collerette d’organdi blanc. Elle portait une étole de renard, dans laquelle était piqué un bouquet de violettes. Et pas d’autre coiffure, comme toujours, que ses sombres et rebelles cheveux que, d’un brusque mouvement de tête, elle se plaisait à rejeter en arrière.
Ses sombres yeux avaient des reflets d’hyacinthe, qui tournaient au vert émeraude, par moment.
Je le fis remarquer à ma femme.
« Très exactement les teintes changeantes du Graal de Valence, celui du trésor de la cathédrale. »
Alcyone se cabra.
« Ce Graal-là n’est pas le vrai Graal ! » protesta-t-elle, presque violemment.
Je souris.
« Ah ! fis-je, je vous y prends ! Et vous prétendez n’apporter aucune passion, dans cette aventure ! Vous préparez, je le sais, une thèse de doctorat. Jurez-moi donc que ce n’est pas au Graal qu’elle est consacrée. »
Elle eut un geste de lassitude :
« Et si je vous disais que cette thèse a pour sujet Jean-Arthur Rimbaud ?
— Façon de revenir au Graal ! dis-je.
— Qu’est-ce que vous me racontez là ?
— Dans sa maison d’Éthiopie à Harrar, il y a un détail dont Rimbaud était au courant. Le Graal passait pour avoir fait partie du trésor du Prêtre Jean, du Roi des Rois. À Addis-Abeba, gardé par une douzaine de lions, ce trésor est composé de splendides émeraudes.
— Et si je vous disais, fit-elle, impatientée, que ma thèse n’est point consacrée à Rimbaud, mais à Médée, par exemple, à Médée et aux Argonautes !
— Le Graal encore, toujours le Graal ! vous répondrais-je. Son mythe et celui de la Toison d’Or ne sont pas si éloignés que cela l’un de l’autre. »
Elle joignit les mains. Ce n’était point uniquement d’ironie qu’était faite son attitude, mais aussi d’une sorte de supplication dont je finis par être frappé.
« Au nom du Ciel, murmura-t-elle, croyez-moi quand je vous affirme que je fais de mon mieux pour m’affranchir de ces histoires qui n’aboutiraient, si je ne m’efforçais à y mettre bon ordre, qu’à engendrer le malheur des autres, sans compter le mien ! »
Ce fut alors, plus grave que de coutume, qu’à l’improviste se fit entendre la voix de ma femme.
« Pourquoi insister comme tu le fais, François ? Pourquoi ne pas admettre qu’il y a tout un ordre de choses qui nous dépasse, auxquelles il est plus sage de ne point se mêler inconsidérément ? »
Et, s’étant emparée à son tour de la main de Mlle de Pérella :
« Pour parler, dit-elle, sois-en sûr, comme elle vient de le faire, elle doit avoir mieux que personne ses raisons. »
Alcyone partie, ma femme me dit, sur un timbre de voix qui me frappa :
« Je crois, je suis sûre que c’est quelqu’un en qui l’on peut avoir la plus entière confiance. Pour ma part, j’y suis disposée. Et, cependant, j’ai peur, François ! C’est ridicule, mais c’est ainsi. Promets-moi de ne plus t’occuper de tout cela. Ni le recteur ni le doyen ne songeront à t’adresser de reproches, bien au contraire. Tu as, Dieu merci, assez d’autres sujets à traiter dans ton cours public, à proposer comme travaux à tes étudiants. »
Je l’embrassai.
« Ne serais-tu pas devenue un peu folle ? demandai-je en riant.
— Ni folle ni superstitieuse, je t’assure ! C’est égal, encore une fois, tu vas me le jurer… Et puis, d’ores et déjà, voici quelque chose que je te jure, moi : tu as des chances de ne pas revoir de longtemps la chose que voilà ! »
Il s’agissait du disque du Récit du Graal, qu’elle retira du phonographe, et avec lequel elle s’en fut, riant elle aussi.
J’avais maintenant à faire le point de cette journée si particulière. N’étant pas sorti depuis la veille j’éprouvais le besoin de prendre un peu l’air.
« Tu t’en vas ? demanda Laurence.
— Ces quelques lettres à mettre à la poste.
— Un instant, alors, veux-tu ? Je t’en confierai une, que je vais écrire.
— Bien ! Mais dépêche-toi. Il est cinq heures et quart. La bibliothèque de l’Université ferme à six heures. Je désirerais avoir le temps d’y passer. »
La nuit était presque tombée. Il y avait du brouillard. Il faisait froid.
« J’aurais besoin de tel et tel ouvrage, cher monsieur Bacqué, dis-je au bibliothécaire. Mais s’il est trop tard, ou s’ils sont sur des rayons trop élevés, dites-le-moi, en toute franchise. J’attendrai fort bien jusqu’à demain.
— Vous voulez rire, monsieur Sevestre ! »
En moins de cinq minutes, il était de retour, faisant claquer l’un contre l’autre le plat des volumes, afin d’en secouer la poussière.
L’un était le Parsifal de Wolfram d’Eschenbach et la Légende du Saint-Graal, d’Heinrich. L’autre, la Chanson de la Croisade des Albigeois, de Guillaume de Tudèle.
Je signai les deux fiches de prêt, et pris congé de M. Bacqué, en le remerciant.
Je suis là pour dire la vérité. Autrement, quel pourrait être l’intérêt de ces lignes ? Ce fut à partir de ce moment, autant l’avouer tout de suite, que je commençais à me rendre compte que je n’étais plus absolument maître de mes actes.
Rien ne me retenait plus au-dehors. Mes lettres étaient postées. Le froid augmentait. Les ténèbres devenaient de plus en plus opaques. J’aurais pu, j’aurais dû rentrer directement chez moi. Ce fut pourtant ce que je ne fis point.
Je me souviens même n’avoir pas eu, à ce moment-là, une seule minute d’hésitation.
Pour la seconde fois, en moins d’une semaine, je me mis à gravir la rue Urbain-V.
La plupart des maisons de province n’ont pas de concierge. La porte cochère franchie, je tombai sur une brave femme occupée à allumer, à gauche, le lustre en cuivre du grand escalier.
« Mlle de Pérella ? demandai-je.
— C’est ici, mais pas dans cet escalier. Prenez l’autre, qui s’ouvre au bout de la cour. Au troisième étage. »
Une cour ? Un jardin, plutôt. Il pleuvait un peu. Des gouttes s’écrasaient sur les feuilles d’arbres invisibles. Je m’engageai dans l’escalier indiqué. Que voulais-je, au juste ? Bien habile qui me l’aurait dit. Ah ! pas la rencontrer, en tout cas. Simplement avoir quelque idée de l’endroit où elle vivait, respirer une seconde son air. Il n’y avait qu’une lampe par palier. Une au premier étage. Une au troisième. Pas au second. Ayant atteint le troisième étage, je ne sonnai pas, bien entendu. J’écoutai et je regardai. Nulle lumière ne filtrait de l’intérieur. Nul bruit non plus. Elle ne devait pas être de retour. Avec un petit canif de poche, je traçai, sur un des lambris, la barre perpendiculaire et les deux barres parallèles de l’initiale de mon prénom.
Dans la même minute, je discernai des pas au bas de l’escalier. Quelqu’un montait. J’eus tout juste le temps de regagner le second palier, celui qui n’était pas éclairé. Si c’était le locataire de l’appartement de cet étage qui revenait chez lui, j’allais avoir bonne mine, quand il me découvrirait là.
Mais non ! Quelque chose me disait que c’était elle. Par-dessus la rampe, je jetai un regard rapide.
Alcyone ! C’était bien elle, en effet !
Je reculai jusqu’à l’extrémité du palier qui était heureusement assez profond.
Elle montait avec lenteur, comme quelqu’un qui n’a pas à se presser, ou qui est en proie à une sorte de fatigue. Elle passa tout près de moi. Ses prunelles de soufre et d’émeraude, dans cette ombre qui devait les dilater, de quelle teinte pouvaient-elles être, en cet instant-là ? Jamais mon cœur n’avait battu avec une telle force. Pourquoi ne l’ai-je pas prise dans mes bras, en cette minute ? C’eût été bien du temps de gagné ; bien des hypocrisies en moins !
À l’étage au-dessus, une clef tournant dans la serrure, une porte qui se refermait. Puis, plus rien ! Plus rien que le parfum de ses cheveux, une entêtante odeur de lis qui m’obsédait depuis le train de Narbonne, et que j’allais retrouver chez moi, en rentrant !…
« Était-elle là ? » me demanda la brave femme de tout à l’heure que je croisai, un pot rempli de lait à la main.
Je fis un signe négatif.
« Elle ne va sûrement plus tarder. Il n’y a pas de commission pour elle ? »
J’affermis ma voix pour répondre :
« Non ! »